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Après des études poussées sur le comportement des
voleurs de nains, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait des constantes
parmi eux.
Qu’ils volent dans l’ouest de La France, dans le Nord de l’Angleterre,
ou dans le centre de la Belgique, les voleurs de nains passent par des
étapes que nous avons identifiées et qui reviennent de manière
implacable.
Les voleurs de nain, sans le vouloir spécialement, entrent tous
dans un processus, un trip, un délire, auquel ils ne peuvent
résister. Ce processus les transforme en " voleur de
nain " et une fois qu’on l’est, c’est à vie…Mais laissons
parler un spécialiste international des vols de nains , qui n’a
jamais volé de nains réels lui-même mais qui a suivi
de près le FLNJ d’Alençon, le premier du genre, qui a sévit
entre juin 1996 et Janvier 1997…
1 ère étape : La " blague "
En général, le vol de nains commence par une blague. Cela
fait " marrer " d’aller libérer un nain de
jardin. Cela " emmerde " celui qui le possède
et qu’on imagine à priori, être le beauf de chez beauf.
En, plus, cela ne prête pas à conséquence, c’est
pour rire. D’ailleurs pour le propriétaire aussi il semble que
ce truc perdu dans son jardin, il s’en foute autant que les voleurs: il
est là, planté.
Comme c’est un objet de notre point de vue " inutile ",
moche etc…le voler est pratiquement insignifiant, c’est comme si nous
volions un truc qui n’a aucune valeur, une boite de camembert, un bout
de plastique. Nous n’accordons aucune importance au nain de jardin. Notre
culture , notre éducation ne nous a jamais amené à
nous y intéresser et puis n’y a t-il pas des choses plus intéressantes
à faire que de s’occuper des nains ?
En général, on fait ça avec une ou plusieurs personnes,
des gens qui peuvent comprendre , qui peuvent partager ce délire
avec nous. C’est un acte spontané, pas prémédité,
impulsif qui arrive généralement après une soirée
arrosée ou enfumée.
De plus, c’est facile, il suffit de sauter une barrière, parfois
d’ouvrir la porte. C’est une connerie de plus à son actif.
2eme étape : L’ébullition
Un vol pourrait suffire. Mais non. Les voleurs de nains, une fois qu’ils
ont vécu cette expérience veulent à tout prix recommencer.
Cela les a fait rire , cela les a excité, cela a stimulé
leur imagination. Ils ont découvert quelque chose de fort qu’ils
n ‘expliquent pas mais qu’ils ressentent. Le délire continue
et s’amplifie. Un peu comme une drogue, ils vont multiplier les vols,
convaincre des nouveaux venus du bien-fondé de leur action. Ils
font des vols à répétition. L’excitation monte de
plus en plus. Certains se laissent aller à " voler "
autre chose, mais ceux qui sont les plus impliqués dans le processus
savent bien que cela est stupide. On se concentre exclusivement sur le
nain, en laissant de côté les biches et autres animaux qui
n’on aucun intérêt symbolique. Soit dit en passant, on ne
se sent pas du tout " voleur ", d’autant moins qu’on
ne va pas garder les nains. Pour eux ce ne sont pas des vols mais des
libérations.
Dans tous les groupes, il semble qu’il y ait toujours un noyau dur. Certains
soirs, des amis, des rencontres, viennent se greffer sur ce noyau et chacun
apporte sa créativité nouvelle à l ‘action.
Chacun apporte ses idées, sa pierre à l’édifice.
On se met parfois à repeindre les nains, à les débarrasser
de leurs couleurs qu’on trouve ridicule, on leur donne un prénom.
Ils acquièrent ainsi une nouvelle personnalité. Parfois,
on imagine des mises en scènes entre les nains. On en parle de
plus en plus. Ceux qui gardent les nains longtemps avant de les libérer
définitivement , changent souvent de regard sur cet objet :
Le nain n’est plus cet objet qu’au début, on pouvait trouver insiginifiant,
moche, nul, ringard. On commence à lui prêter de l’attention,
à pouvoir faire la différence entre les " beaux
nains et les autres. " Par ailleurs, j’ai remarqué que
le groupe , à ce moment là, commence à communiquer
différemment avec les personnes avec qui il partage cette expérience.
La créativité personnelle de chacun s’éveille fortement
: c’est une période d’euphorie, d’excitation, de jeu. La blague
se transforme en un vaste jeu, jeu réel et jeu de l’esprit, de
l’imaginaire. On trouve cela passionnant de libérer des nains.
C’est une vraie surprise de se sentir pris par cette histoire. On devient
véritablement obsédé. On veut libérer le maximum
de nains. On se persuade alors de bienfait de la mission, et on accumule
les nains. Les risques liés aux opérations nains, on se
fout de les prendre. Le jeu en vaut la chandelle.
3eme étape : La libération finale
La libération finale du nain correspond souvent à une libération
" intérieure " du libérateur. Parfois,
certains libérateurs se sont mit à mieux comprendre les
nains. D’autres se sont mis à les aimer, pour ce qu’ils leur avaient
fait vivre et également parce qu’il étaient " " vivants
dans leur tête ". Ils ont partagé des moments
avec eux inoubliables. Les nains deviennent le symbole d’une période
particulièrement riche, euphorique, féconde. On libère
définitivement les nains et à ce moment précis, on
comprend que cette histoire, exceptionnelle a été un moment
fort de notre vie. On a réalisé qu’ on avait pû
faire une réelle peine à certains : des enfants parfois
extremement attachés à leur nains, des grands-parents qui
avaient ces compagnons depuis une trentaine d’années et d’autres
, qui ne se remmettent pas qu’il aient disparu. Nous réalisons
que nous avons touché un corde sensible. Nous-même à
force de fréquenter les nains, nous avons été touchés
par eux. A la moquerie initiale succède la compréhension,
l’empathie. On se rend compte qu’on est sensible à des choses toutes
bêtes. On voit maintenant les choses légèrement différemment.
Il y a un " avant-après ". Notre regard sur
les propriétaires a changé : Maintenant on est les
mieux placé pour les comprendre.Ce ne sont pas nos ennemis. Parfois
on leur laisse un mot pour leur dire que leur nain va bien et qu’il pense
à eux.
Pour les plus atteints d’entre nous, nous partageons avec les propriétaires,
une sorte d’amour pour les nains. Il n’y a plus désormais
ceux qui sont du bon côté( nous les jeunes branchés
etc…) et ceux qui sont du mauvais côté, les beaufs. Nous
sommes tous le beauf de quelqu’un. Et moi –même étant attaché
à mon nain, je subirai les railleries des autres.
Nous sommes passés du deuxième degré au premier
degré. Nous aimons vraiment les nains et ce n’est plus seulement
pour rire. L’ennemi n’est pas notre ennemi. Notre seul ennemi c’est nous
–même.
Nous comprenons enfin ce qui est réellement important et ce qui
est accessoire. Nous avons une nouvelle grille de lecture du monde.
Nous avons appris à mieux nous connaître , nous avons
découvert l’univers nain, nous avons rit. Nous savons que tout
cela n’est pas sérieux . Nous savons aussi que tout cela est
sérieux. Ainsi, nous comprenons enfin, Mr Friedmann, célèbre
nanologue, lorsqu’il dit que le nain de jardin, c’est 100 % sérieux,
100% humour. N’en n’est –il pas ainsi de la Vie ? Où est la
Vérité ? Est-ellle dans le Paradoxe Suprême ?
Des portes se sont ouvertes…
Lien avec ovnj
Nous pensons que nous pouvons vivre quelque chose de proche par le virtuel.
Ainsi il n’y a que de fausses victimes. Ainsi on ne dresse pas les gens
les uns contre les autres en les agressant.
Le virtuel permet de comprendre ces mécanismes initiatiques sans
faire de victimes. C’est du plus pour tout le monde.
Le jeu permet de se structurer. Même pour les adultes.
Pas besoin de passer par l’agression réelle pour comprendre.
La simulation de la réalité, du vrai faux vol permet de
partir dans l’imaginaire de cet acte , de l’appréhender .
Si on arrive à la troisième étape, nous pourrons
dire que ce jeu est d’utilité publique. Puisqu’il fera prendre
conscience de la portée de nos actes.
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