Grâce au FLNJ, je suis un nain de jardin libre !


[Sondage]
Combien de nains avez vous libéré au maximum en une nuit

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Mission NainCroyable

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Tout commença une semaine plus tôt, lorsqu’au détour d’une ruelle sombre, je croisais un nain de jardin en cavale. Il semblait exténué et haletait péniblement. Je sentis monter en moi un élan de sympathie pour ce petit être frêle et qui pourtant, portait dans son regard pétillant l’expression du bonheur de la liberté enfin retrouvée. Intrigué par cette apparition, je m’approchais pour l’interroger sur les causes de son tourment. Craintif tout d’abord, il accepta cependant de soulager sa peine dans une narration que seul le cri d’un caméléon sauvage interrompit. Il m’expliqua qu’il avait été retenu dans le jardin broussailleux d’un petit pavillon. Les propriétaires dudit pavillon, peu scrupuleux, l’exploitaient lui et ses six frères. Il m’apprit que cet esclavage était encore courant dans notre pays, moi qui croyais naïvement qu’il avait été abolit en 1794. Les petits propriétaires terriens paresseux et oisifs, aussi appelés beaufs, les « achètent » pour faire les travaux de jardinage à leur place. Ainsi, les pauvres nains des bois deviennent nains de jardins. Leur condition de vie était déplorable, l’eau croupie de la petite mare au poisson rouge en guise de boisson, les petits insectes du jardin pour survivre et le grand froid de ces longues nuits d’hivers, où les maîtres infâmes restent sourds au faible appel qui peut encore sortir de leur petite poitrine malade, et où ils implorent juste de quoi se réchauffer le bout de leurs doigts gangrenés. Sans compter les multiples tortures dont ils étaient victimes : le chien crasseux qui urine sur leurs guenilles, les enfants machiavéliques qui les enterrent à moitié et les lapident, les maîtres qui les battent sans cesse… Tellement avilis par la torture quotidienne infligée par des maîtres haineux, ils ont eu recours à un stratagème : ce faire passer pour pétrifiés. Hélas, leur malheur n’en fut que plus grand car bien sûr les maîtres les oublièrent vite, mais avec les journées passées immobile, outre les crampes, ils se mirent à rêver : rêver à l’âge d’or où ils pouvaient gambader joyeusement dans les sous-bois ou dans les vertes prairies, rêver à la bonne cuisine préparée par leurs tendres naines, rêver à leur progéniture innocente qui de ses cris emplissait leurs maisonnées d’un parfum de bonheur. Ils se mirent tout simplement à rêver à la liberté. Jusqu’alors, assommés par le dur labeur ils n’y avaient pas songé. Mais cette pensée permanente se révéla être la pire des tortures. Le harcèlement psychologique avait supplanté le harcèlement physique. Les maîtres les rendaient fous par l’utilisation qu’ils faisaient de leur liberté. Qu’avaient-ils fait pour être privés de la liberté, alors que ces beaufs abrutis et avinés accros au téléviseur la gâchaient. Ils ruminaient ces sombres réflexions, impassibles, tout le jour durant. Mais la nuit était à eux ! C’est au cours d’une de ces nuits de discussions enflammées que, n’en pouvant plus de cette situation, mon interlocuteur de petite taille avait courageusement décidé de mener la première action visant à sa libération et à celle de ses frères. Il devait s’enfuir, trouver de l’aide et revenir secourir ses compagnons. Sa cavale de dératé pour échapper au jardin et aux machines diaboliques à quatre roues qui s’étaient mises à le poursuivre, l’avait conduit à me rencontrer dans cette ruelle sombre.
Je restais estomaqué par ces révélations. Incapable d’exprimer la colère que je vouais, à partir de cet instant, aux esclavagistes, en même temps que la pitié qui m’envahi pour ces braves nains privés de leur vie.
J’avais déjà, participé à quelques actions pour libérer des nains en compagnie d’amis, après des soirées bien arrosées, mais je me rendais maintenant compte de la gravité de la situation. C’est alors que je pris la décision, devant ce nain qui plaçait désormais tous ses espoirs en moi, de me mettre au service de la Grande Cause Naine.
Avec deux fidèles amis, harengNainBus et x , eux aussi attendris par le sort de nos malheureux nains de jardins, nous avons mené cette mission NainCroyable.
Plus question de libération en état d’ébriété. Cette action se voulait exemplaire. C’est pourquoi nous avons tout d’abord pris connaissance du terrain par l’intermédiaire d’agents amis. Ils ont localisé la sinistre maison où étaient encore retenus les confères de notre ami nain, puis une autre, dans le jardin de laquelle on pouvait voir des petits nains appeler les passants à l’aide.
Bien renseignés par nos services parallèles, nous décidâmes donc d’agir dans la nuit du 10 au 11 mai. Camouflés en conséquence (déguisement de nain) nous sommes partis en voiture à l’assaut des mécréants. Non, en fait nous avons étés assez discrets et la phase libération s’est bien déroulée : pas de chien, pas de lumière automatique, pas de barre de métal coincée dans les fesses des nains, pas de réveil de propriétaire légèrement courroucé par notre intrusion. Le rêve ! ! !
Avec les nains encore tremblants et émus par leur libération, nous sommes partis dans un petit parc boisé pour les réhabituer progressivement à la nature et à la liberté. Là-bas, nous avons fait aussi une petite séance photos souvenirs pour pouvoir revendiquer la libération par la suite.
Hélas, emportés par la joie de l’événement, nous étions loin de nous douter de ce qui allait nous arriver. C’est sans y prendre guère d’attention que nous avons entendu cette voiture stopper à proximité et ses trois portières claquer en même temps. Environ cinq secondes plus tard, nous étions éblouis par trois lampes torches, sommés de rester immobiles et de déclarer toute arme ou produit stupéfiant en notre possession. Nous avions en face de nous trois zigotos en tenue paramilitaire, prêts, tout comme des cow-boys à dégainer au moindre mouvement de notre part. C’était la BAC. Non mais, pour qui ils nous prennent ? Nous sommes de braves citoyens agissant pour l’égalité entre humains et nains, la liberté des nains et la fraternité entre humains et nains. Pourquoi nous braquer ? Que nous reprochait-on ?
Il faut préciser que les nains, plus aguerris que nous par tant d’années de captivité, s’étaient à nouveaux changés en pierre et ces trois gardiens de la paix n’avaient pas pu les voir.
On nous reprochait donc sans doute d’être ce que nous sommes, des jeunes. On nous reprochais sans doute de traîner dans ce parc à une heure si tardive. En clair, on nous soupçonnait immédiatement d’être de jeunes criminels drogués. Les trois petits cochons venaient mettre le grand méchant loup en cabane.
Cependant nous n’avions rien du grand méchant loup. Les trois petits cochons sans doute irrités de ne pas avoir trouvé de criminels pour leurs statistiques, décidèrent donc de nous embarquer au poste. La raison qu’ils invoquèrent fut : vol de nains de jardin, en réunion, par escalade. Après avoir fait un petit tour de voiture, nous voilà au commissariat où les représentants de l’autorité publique ne manquèrent pas de se foutre de notre gueule pendant les quelques longues heures que nous avons passées à attendre que l’on veuille bien nous auditionner (ils semblent affectionner particulièrement ce terme).
Finalement, après avoir entendu et noté notre histoire ils nous libérèrent x et moi (le brave et infortuné HarengNainBus s’étant sacrifié pour passer en dernier). Notre histoire s’acheva provisoirement cette nuit par une marche d’une heure et demie pour aller récupérer les voitures.
Mais au poste, on n’avait pas oublié de nous donner avant de nous laisser filer une belle petite invitation à se rendre le lendemain à ce même poste, pour les nécessités d’une enquête judiciaire. Le lendemain l’enquête tourna court car les officiers ne daignèrent pas nous recevoir et nous eûmes seulement l’occasion de faire la morale aux propriétaires des nains, qui eux aussi avaient étés conviés à la fête. Le mot de la fin appartient à un gardien de la paix anonyme qui nous dit : « vous pouvez y allez, on vous rappellera plus tard… »

naintrépide
nains en furie

 

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Détails de l'article :

Auteur :
naintrépide

Canal :
nains en furie

Date de publication :
04/10/2004

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