L'article : Ni!
Tout commença entre Stankey Lubrick, Conar le Barban, Bluk Bluk Zogotounga et moi-même, Monsieur Roger. Nous étions déjà depuis longtemps sensibilisés à l'un des plus terribles maux qui frappent notre siècle : l'esclavagisme des nains de jardin.
Comme certains membres de notre groupe étaient déjà des membres plus ou moins actifs du FLNJ, nous décidâmes de monter une organisation secrète afin de combattre ce fléau ancestral, la détention arbitraire de nains de jardin.
Suite à plusieurs enquêtes que nous avions réalisé nous-même, il était évident que les nains de jardin que nous avions rencontré (que nous dénommons affectueusement « barbus ») subissaient jours après jours les brimades les plus infâmantes. Certains nous ont même avoué qu'ils avaient pensé au suicide, eux, des barbus d'habitude si joviaux! Nous ne pouvions pas continuer, en notre âme et conscience, à passer jour après jour devant ces infortunés, qui avaient eu le malheur de naitre petits et barbus, et qui se voyaient condamnés à une vie de servitude pour cette cause.
Un beau soir d'automne, nous sommes sortis faire une promenade pas comme les autres. Notre mission était de localiser les infortunés, d'aller les repérer jusque dans les jardins les plus obscurs, dans les lotissements les plus médiocres et anonymes. Nous jetant des regards implorants, nous ne pouvions hélas pas les prendre avec nous. Non, pas ce soir. Notre discipline devait être parfaite pour permettre l'aboutissement et la réalisation du plan que nous avions pour eux. A part bredouiller quelques paroles rassurantes et pleines d'espoir dans l'oreille des barbus, nous ne pouvions pour le moment rien faire, étant persuadés qu'une et une seule action savamment orchestrée serait bien plus efficace qu'une mission à la va-vite, peu réfléchie.
Mais cette nuit du 11 novembre, c'était différent. Un groupe de quatre personnes, avançant furtivement dans les ruelles sombres, était porteur d'un grand message d'espoir pour les opprimés de toute classe et de toute taille. Progressant masqués de manière aussi grotesque que nécessaire, nous sommes retournés sur ces lieux d'infamie où l'esclavage régnait toujours en maitre, pour cette fois repartir au nombre de treize puisque nous avions emmené avec nous quelques bons copains pour le retour! Nos nouveaux amis, se confondant en remerciements sincères, ont regagné avec joie le monde extérieur, savourant les larmes aux yeux les promesses de cette vie meilleure qui s'annonçait, là, juste devant leurs yeux.
Nous sommes aujourd'hui sans nouvelles de nos petits amis barbus. Avant de m'endormir, je pense parfois à ces pauvres hères qui, sans nous, seraient encore à ce jour enchainés à leurs prisons d'herbe et de massifs floraux. Loin de vouloir tirer une quelconque fierté de nos actions, je me remémore le fait que nous ne sommes finalement que des outils dans les mains de cette cause sacrée qu'est la révolution pour une vie meilleure où chacun peut décider de son destin, en homme libre. Et c'est le sourire aux lèvres que je m'endors alors.
Monsieur roger FLNJ Section Capstan Bay
La Photo :
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